French Laïcité, Freedom of Expression and Ordre public

Résumé

La republication de caricatures du Prophète Mahomet par le magazine Charlie Hebdo a provoqué une réaction défensive du gouvernement français. Un projet de loi actuellement débattu à l’Assemblée nationale vise à rendre le système « séculaire » d’éducation plus sévère, en renforçant la laïcité par une sensibilisation accrue au phénomène d’endoctrinement dans le cadre du programme scolaire. Les démarches entamées par les autorités françaises sous l’impulsion du Président Macron visant à dissoudre les associations caritatives musulmanes et à suspendre diverses autorisations accordées aux mosquées créent un climat de méfiance au sein de cette minorité religieuse. Dans la foulée, l’ordre d’adopter des « valeurs républicaines » risque d’aboutir à une exclusion de la communauté musulmane par un État imposant un sécularisme et un contrôle strict de sa conduite. Dès lors, la question est de savoir si la mise en place d’un État séculaire interventionniste est compatible avec le concept de laïcité tel qu’il a été originellement développé, et si un exécutif autoritaire est de nature à menacer l’ordre public. Cet article vise à démontrer qu’en imposant à outrance le concept de laïcité, l’État entre en conflit avec l’esprit originel de cette doctrine ; et que par ailleurs, la liberté d’expression, lorsqu’elle est utilisée de manière satirique pour insulter une religion, ne devrait pas être considérée comme un droit absolu en ce qu’elle menace l’ordre public. Les valeurs républicaines peuvent tout aussi bien être préservées en réduisant les tensions existantes entre laïcité et ordre public, et en adoptant une approche de neutralité positive envers d’autres religions.

PDF (English)
Creative Commons License

Ce travail est disponible sous la licence Creative Commons Attribution 4.0 International .

(c) Tous droits réservés Sorbonne Student Law Review - Revue juridique des étudiants de la Sorbonne 2021